Concours Auteurs 2026 - L’horizon des hommes couchés

Publié le 02/02/2026 07:33
Concours Auteurs 2026 -  L’horizon des hommes couchés

Le lauréat du concours Auteur 2026 est Dominique FLUZIN du club Objectif Image Trégor de Lannion. Sa série « L’horizon des hommes couchés » a retenu l’attention du jury par la force de sa cohérence visuelle et la profondeur de sa proposition. L’unité du noir et blanc, la rigueur des cadrages et le travail sur la matière construisent un ensemble puissant, à la fois sobre et chargé de mémoire.

Son histoire en 5 questions ...

Quelle était votre intention ou votre démarche artistique pour cette série ?
Avec cette série “L’horizon des hommes couchés”, j’ai cherché à adopter le point de vue du soldat, celui qui attend, couché au fond de sa tranchée, face à un horizon qu’il devra franchir lorsque l’ordre de l’assaut sera donné.Mon intention était de restituer cet instant suspendu : l’enfermement entre les murs de craie, la proximité brutale et agressive des barbelés, les traces du bombardement précédent, puis l’ouverture progressive vers l’horizon. Je voulais que chaque image soit un élément de ce regard porté, entre matière, menace et humanité.

Dans quel contexte a-t-elle été réalisée (lieux, projet personnel, travail au long cours…) ?
Cette série a été réalisée en plusieurs fois sur le site de la “Main de Massiges” dans la Marne. Très intéressé, depuis toujours par la géopolitique et l’histoire, j’inscris la publication de cette série dans le cadre d’un projet personnel au long cours. Mon objectif est de publier un livre documentaire associant le devoir de Mémoire, le témoignage visuel de l’absurdité des comportements humains en temps de guerre et les leçons à en tirer pour l’avenir.Ce travail s’inscrit dans une démarche photographique itérative où sensibilité, émotion et réflexion se mêlent inlassablement.

Quels choix techniques ont été déterminants dans le rendu final ?
Le choix du noir et blanc et du format carré se sont imposés pour renforcer la densité des matières et le graphisme des barbelés. J’ai privilégié une focale de 105mm pour rester au plus près du regard humain dans la tranchée, et des cadrages serrés pour traduire l’enfermement. J’ai cherché à appliquer un traitement sans dramatisation excessive, tout en réalisant mes photos lors de journées où le ciel était chargé, afin de conserver une lumière diffuse et cohérente.Enfin, dans le choix de mes images, j’ai privilégié l’alternance entre gros plans et plans plus ouverts pour structurer la progression narrative vers l’horizon.

Quelle place occupe cette série dans votre parcours ?
Cette série marque une étape importante dans mon travail : elle synthétise mon intérêt pour la mémoire des lieux, la photographie humaniste et l’écriture visuelle en séquence. Elle prolonge ma réflexion sur la relation entre l’homme et l’histoire. C’est aussi une série qui m’a permis d’affirmer, au fur et à mesure, une écriture photographique plus épurée, plus sélective où chaque image doit porter sa part de récit.

Quel conseil ou message souhaiteriez-vous partager avec les photographes de l’UR22 ?
Je leur dirais de prendre le temps. De laisser les lieux parler, de revenir, de regarder autrement. Une série se construit dans la lenteur, dans un processus itératif où l’attention aux détails, la cohérence comptent davantage que la démonstration. Et surtout, de rester fidèle à leur intention photographique du départ.